04 décembre 2022

L’archéologie de l’eau et du climat

On oppose couramment l’archéologie à l’histoire : d’un côté l’étude des sociétés anciennes à partir de traces matérielles généralement enfouies dans le sol (os, poteries, outils, édifices…), de l’autre la science du passé à partir d’une documentation écrite, les archives. Les passionnés des cultures minières, nombreux à la Shaarl, nous ont familiarisés déjà avec des aventures dans le monde souterrain où il n’est plus question de décapage de l’humus à la petite cuillère mais d’acrobaties spéléologiques, de pompages grandioses de cavités ennoyées, de collaborations savantes avec les sciences dures (car l’archéologue minier se préoccupe aussi du devenir du minerai extrait, de minéralurgie, de métallurgie, jusqu’à la consommation des produits finis…)
Le dernier été, marqué par une sécheresse historique, nous a révélé encore une autre forme d’archéologie, où il a suffi de se promener bien souvent dans le lit des cours d’eau asséchés pour voir le passé à nu. On se reportera par exemple (cliquer sur lien vert) à divers reportages de France 3 réalisés principalement dans le Haut-Doubs et qui montrent, par exemple, divers vestiges d’une industrie métallurgique qui était dépendante de l’énergie hydraulique. Découverte également de pierres habituellement immergées et qui portent des dates de sécheresses remontant au XIXe siècle. Ce phénomène n’est pas strictement local, il fait écho aux nombreuses « Pierres de la faim » dévoilées cet été dans les rivières de l’Europe continentale et qui témoignent à leur façon d’une conscience vive et très ancienne (des inscriptions remontent au Moyen Âge) de notre dépendance à l’environnement. « Wenn du mich siehst, dann weine » (Si tu me vois, pleure), lit-on ainsi sur une pierre de l’Elbe, en Tchéquie (image de l’en-tête).

Passé minier : conférences et visites

1 – Vesoul, salle de la SALSA, samedi 8 octobre 2022, 14 heures 30,
par Denis Morin
 La Grande Montagne à Château-Lambert
Une exploitation minière millénaire aux confins de la Haute-Saône

En pleine activité au début du XVIIe siècle, l’exploitation minière consistait à vider le filon de cuivre qui, fondu, alimentait l’activité de chaudronnerie. La mine regorge de vestiges dont certains remontent au Moyen-Age, mis à jour par les archéologues dont le conférencier Denis Morin.

2 – Plancher-les-Mines, bibliothèque, samedi 15 octobre 2022,
16 heures, par le Groupe Pierres et Mines
(J.-J. Parietti et la SHAARL)
Les premiers temps des mines
et l’exploitation de la Grande Montagne

A partir de différents documents d’archives, l’ancienneté de l’exploitation des mines de Plancher au milieu du XVe siècle sera reconnue avec le rôle qu’ont joué des abbés de Lure et des financiers suisses ainsi que la destination de l’argent produit. Parallèlement, les opérations de prospection et d’inventaire des anciennes mines sur le site de la Grande-Montagne qui ont eu lieu  autour de l’an 2000 nous ont permis de mieux comprendre les différentes méthodes d’extraction du minerai à cette époque, avec la difficile recherche des filons, la dureté de la roche, l’envahissement des eaux… La conférence complète l’article sur Plancher paru dans le numéro Shaarl 36, 2017 (p. 85-102).

Les amis du musée de la mine proposent d’autre part 2 visites guidées en octobre :
– Le samedi 8 octobre à 14h00 au cimetière de Ronchamp : visite commentée par Elodie Lambert, guide conférencière, qui a répertorié les stèles de mineurs .
– Le samedi 22 octobre 14h00 : visite commentée au puits  Arthur de Buyer par Jean-Jacques Parietti qui nous conduira sur les vestiges miniers.

Lieu de rendez-vous : devant la salle des fêtes de Ronchamp