09 mai 2021

Histoire et archéologie au présent

L’actualité culturelle et locale ne fait pas défaut. Après René Groscolas (La Villedieu-en-Fontenette) et les mémoires de Jean Girardot, Claude Bourgeat, adhérent de longue date à la SHAARL, ancien maire et habitant du beau village de Grammont (photo de l’en-tête), publie ses patientes recherches sur l’histoire de son village, sans oublier ses foires et les mirabelliers qui ont remplacé la vigne ruinée par le phylloxéra, à la fin du XIXe siècle.

Bon de commande

Belle manière de mêler au présent l’histoire et le passé le plus éloigné en expérimentant production du feu par percussion et fabrication de poteries anciennes avec Martine Aubry, universitaire archéologue.

Enfin les passionnés d’archéologie toujours nombreux à la SHAARL retrouveront avec plaisir un documentaire où Pierre Pétrequin et les haches polies du Néolithique  sont à l’honneur (cliquer sur les mots en vert) ; c’est aussi accessible dans la belle revue numérique d’histoire actuelle Entre-Temps.

Les mémoires de Jean Girardot

La SHAARL a la fierté de participer à la publication du livre :

Jean GIRARDOT  (1900-1996) – Mémoires

Les petits-enfants de Jean GIRARDOT ont souhaité partager hors du cercle familial et à l’occasion du 25e anniversaire de sa mort les souvenirs du grand historien de la Haute-Saône.

Présentation de l’ouvrage et bon de commande (lien sur l’image) :

Voir le compte-rendu de l’ouvrage magistral de J. Girardot (Le département de la Haute-Saône pendant la Révolution) dans la revue Annales historiques de la Révolution française.

Toponymie cachée : une enquête à conduire ensemble

Traces et patrimoines multiples sont diversement tenaces et durables, un incendie, un oubli dans le grenier, des lenteurs successorales, l’incuriosité, et la disparition s’installe, définitivement. Je ne fais ici que rappeler une évidence : l’histoire s’écrit, se raconte, se réfléchit dans le sillage de la trace, et les vestiges sont bien cachés, et les empreintes s’effacent, d’autant plus facilement qu’elles sont immatérielles. Il en va ainsi de nos parlers, de nos paroles qui ont servi à marquer l’espace habité, à dire les lieux : on coupait du bois à la Fouillie des Loups ou au Plain de Briscot, on allait conduire les bœufs à la Corne la Mielle ; le cadastre nous a laissé une figuration écrite et dessinée – mais aussi incomplète – de cette foisonnante géographie orale. Le nom donne figure et âme à l’espace, qu’on le perde et l’on revient à un non-lieu, à une sorte de vide, d’espace géométrique, et l’on ne traverse plus notre département 70 que par la 19, on habite les parcelle 1, 2 et 3 de la section A3… Les noms changent, s’ajoutent, se bousculent, se brouillent, s’éliminent (à Melisey, un Chemin du Chêne vert a perdu mémoire de la Chènevière, la bonne terre du chanvre) ; j’ai traversé cet été un endroit de l’Yonne appelé Perceneige, nom d’une commune nouvelle, qui a effacé Grange-le-Bocage, Plessis-du-Mée, Vertilly… On comprend très vite l’intérêt d’inventorier une toponymie fragile et cachée, en voie de disparition… Jean-Pierre Chambon, qui nous offre régulièrement des articles sur la toponymie instruisant l’histoire des lieux, vient de réunir quelques premiers témoignages et nous suggère une enquête collective sur ce patrimoine toponymique, que nous encourageons vivement. – D. C.

La Bouteille d’Évian et les Quatre Pylônes :
une enquête sur la toponymie inofficielle ?

À côté des noms de lieux officiels — enregistrés par les cadastres, les documents administratifs, les cartes, les atlas et les plans, ou qui se lisent sur les panneaux routiers et les plaques des rues —, il existe une toponymie inofficielle, non écrite, relevant de l’usage familier et vivant d’une vie semi-clandestine.

Quelques exemples de microtoponymes innofficiels

À Chagey et à Luze, Jean Hennequin a relevé la Boîte de Conserve, la Bouteille d’Évian, le Capot, la Tranchée du Mouchoir et d’autres microtoponymes créés par les chasseurs afin de se repérer dans les bois[1].
À Recologne (commune de Ronchamp), la Charrère, la Planchette, les Quatre Pylônes, Sous les Vernes n’ont d’existence qu’officieuse.
Claude Canard signale que les gens de Chenebier « ont coutume de désigner une voie communale Chemin des forçats, en fait plus précisément des Forçarts après renseignement » ; il ajoute que « ce toponyme [est] exclusivement employé oralement ».

Les noms de commune aussi

Ces usages toponymiques officieux concernent aussi, parfois, les noms des communes. À Ronchamp, on dit Le Magny, et non Magny-Danigon. Alain Guillaume et Paulette Nardin nous ont indiqué que Jobert pour Magny-Jobert était d’usage courant chez des personnes qui auraient aujourd’hui environ cent-vingt ans[2]. À Mélisey, nous avons entendu récemment la prononciation Melisey.

Pourquoi pas une enquête sur ce « petit patrimoine » toponymique ?

Afin de multiplier et de systématiser, commune par commune, de telles observations, il serait intéressant, me semble-t-il, que les adhérents de la SHAARL mettent par écrit et veuillent bien adresser à la SHAARL ce qu’ils savent de cette toponymie cachée, laquelle, étant confinée — risquons le mot — à l’oralité, ne laissera sinon aucune trace. – J.-P. C.

Pratiquement : Envoyer à la SHAARL, sur la messagerie shaarl@wanadoo.fr , un fichier texte (ou par voie postale :  Centre Jeanne Schlotterer – 17 esplanade Charles de Gaulle – 70200 Lure) qui portera en titre : ToponymieCOMMUNE_nom
(ex. :
ToponymieMELISEY_DCurtit).

[1] Voir Jean-Pierre Chambon / Jean Hennequin, « Autour de trois microtoponymes de Chagey (Haute-Saône) : Pierreville, les Ravales, le Coutau de Bouché », article soumis à la Nouvelle Revue d’onomastique.
[2] Voir le Bulletin de la SHAARL 38 (2019), p. 124-126, et à paraître (2021).