Archives de catégorie : Environnement

L’eau et le patrimoine

(photo de l’en-tête : moulin Millet, La Lanterne-et-Les Armonts, 1986.
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Que l’on s’occupe de l’eau, de sa qualité, de sa distribution équitable, voilà une bonne chose ; en France, la gestion de l’eau est confiée à six agences de bassins hydrographiques, notre arrondissement dépend de l’agence Rhône-Méditerranée-Corse. La Communauté de communes des Mille Étangs vient justement de signer un contrat avec l’Agence de l’eau (voir L’Est Républicain du 26 décembre 2021), qui doit intéresser le citoyen et l’usager de l’eau, tant les échelons administratifs de sa gestion, qui engagent une multitude d’acteurs,  apparaissent complexes et parfois même déconcertants. Rappelons que le Comité de bassin (quelque 170 membres) élabore le Schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE), qui se décline localement jusqu’à la plus petite association de pêche, en passant par toutes sortes de dispositifs intermédiaires, comme l’Établissement public territorial de bassin Saône et Doubs, la compétence « Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations » (GEMAPI) dévolue aux nouvelles communautés de communes, la Commission locale de l’eau, la Fédération départementale de la pêche, les associations de protection de la nature (comme le Conservatoire d’espaces naturels), le réseau européen Natura 2000, le programme de financement LIFE… C’est au nom de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (lema 2006), déclinaison française d’une directive européenne remontant à l’année 2000 – et que nous connaissons surtout par l’application du concept de « continuité écologique » -, que la Haute-Saône a commencé de voir la destruction de petits seuils de rivière (voir sur le ruisseau de Mansvillers, à Melisey), de retenues (difficile démolition du barrage du Creusot, sur le Raddon, à Fresse), de moulins (réaffectation du moulin Saguin, à Amage, et destruction de la digue). Ces interventions eussent sans doute été différentes aujourd’hui, depuis que le Conseil d’État a censuré la doctrine de la Direction de l’eau et de la biodiversité et caractérisé tous les excès commis au nom de la « continuité écologique » ; depuis que le Parlement a voté l’été dernier (loi du 22 août 2021) l’article 49 de la loi climat, qui interdit la destruction des moulins à eau.

Pour les interventions effectuées localement au nom de la continuité écologique, on se reportera aux images et à l’article Le dépaysement (shaarl, 2018). Voir également le rapport de l'enquête publique concernant la réhabilitation du moulin d'Esfoz, ainsi que la video réalisée par Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins(dont la création remonte 1977).

Bonne nouvelle : L’Est Républicain nous informait tout récemment (13 nov. 2021) que le moulin d’Esfoz, à Corravillers, reprenait vie. La SHAARL avait participé à l’enquête publique de 2018, l’importante mobilisation collective autour du moulin avait pu venir à bout des obstacles.

Le moulin d’Esfoz (Corravillers, 1987)

Cette aventure avec les moulins comme avec beaucoup d’autres patrimoines offre sa leçon à l’heure où la situation sanitaire mine quantité d’associations qui perdent de nombreux adhérents, tout particulièrement dans les domaines de la culture. Restons fidèles à nos sociétés d’histoire pour mieux voir demain… et que vivent nos moulins.

Sorties minières à Plancher-les-Mines…

Un petit groupe d’adhérents à la SHAARL et passionnés des anciennes mines de Plancher a décidé de redonner vie au sentier minier du Laury, créé il y a vingt ans par la SHAARL avec l’aide du Parc régional des Ballons et de la municipalité. Après avoir revu les balisages et les chemins, le groupe a donné rendez-vous au public pendant l’été (les dimanches 4 et 11 août 2019), avec succès puisqu’une cinquantaine de personnes ont suivi les conférenciers Marie-Do Beluche, Jean-Jacques Parietti, Patrick Zuger et Eric Bulliard.

Les promeneurs se sont familiarisés en géologie avec les roches volcaniques, l’érosion glaciaire, les roches moutonnées, les blocs erratiques, puis ont découvert du haut d’un verrou glaciaire la vallée encaissée de Plancher-les-Mines. Ils ont suivi un sentier escarpé qui fut le chemin emprunté par les mineurs d’argent ; tout au long furent creusées quatre ou cinq galeries à la recherche du précieux minerai. On a pu juger également de la difficulté à creuser une roche très dure avec seulement un burin et un marteau avant que l’emploi de la poudre noire ne soit accessible aux mineurs.

La chaleur du premier dimanche et les pluies intermittentes du deuxième dimanche n’ont pas entamé le plaisir de la découverte. Ces visites seront à renouveler mais chacun peut découvrir seul ce sentier balisé avec l’aide d’un descriptif disponible en mairie de Plancher.

(textes et images : J.-J. Parietti ; image mise en avant : A. Bourgeois (La vallée de Plancher-les-Mines, 2017)