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Un ouvrage sur les 1000 Étangs

On n’a jamais autant parlé des Mille Étangs mais les livres évoquant leur histoire sont rares : quelques articles, des photographies (de Marc Paygnard par exemple) mais aucune synthèse plus large sur un paysage qui attire aujourd’hui de nombreux visiteurs. La SHAARL a souhaité apporter sa contribution aux études en cours sur les Mille Étangs (notamment une mission universitaire commanditée par le département de la Haute-Saône), elle publie la recherche de Daniel Curtit qui habite les Vosges saônoises et écrit régulièrement dans le bulletin de l’association des articles consacrés à l’histoire environnementale des Mille Étangs. Après une histoire des moulins (La lanterne et le hérisson, SHAARL, 1994-1997), voici les étangs, une enquête instruite du temps long des paysages.

Les domaines de l’eau : paysages ou pays d’étangs dans les Vosges saônoises (XVIIIe siècle à aujourd’hui)

Voir aussi la recension de l’ouvrage dans la revue semestrielle Histoire et Sociétés Rurales, référence dans le domaine de la ruralité, largement ouverte sur les sciences de l’homme et de la nature, ainsi qu’une présentation du livre par son auteur dans le bulletin 2020 de la SHAARL.

Toponymie cachée : une enquête à conduire ensemble

Traces et patrimoines multiples sont diversement tenaces et durables, un incendie, un oubli dans le grenier, des lenteurs successorales, l’incuriosité, et la disparition s’installe, définitivement. Je ne fais ici que rappeler une évidence : l’histoire s’écrit, se raconte, se réfléchit dans le sillage de la trace, et les vestiges sont bien cachés, et les empreintes s’effacent, d’autant plus facilement qu’elles sont immatérielles. Il en va ainsi de nos parlers, de nos paroles qui ont servi à marquer l’espace habité, à dire les lieux : on coupait du bois à la Fouillie des Loups ou au Plain de Briscot, on allait conduire les bœufs à la Corne la Mielle ; le cadastre nous a laissé une figuration écrite et dessinée – mais aussi incomplète – de cette foisonnante géographie orale. Le nom donne figure et âme à l’espace, qu’on le perde et l’on revient à un non-lieu, à une sorte de vide, d’espace géométrique, et l’on ne traverse plus notre département 70 que par la 19, on habite les parcelle 1, 2 et 3 de la section A3… Les noms changent, s’ajoutent, se bousculent, se brouillent, s’éliminent (à Melisey, un Chemin du Chêne vert a perdu mémoire de la Chènevière, la bonne terre du chanvre) ; j’ai traversé cet été un endroit de l’Yonne appelé Perceneige, nom d’une commune nouvelle, qui a effacé Grange-le-Bocage, Plessis-du-Mée, Vertilly… On comprend très vite l’intérêt d’inventorier une toponymie fragile et cachée, en voie de disparition… Jean-Pierre Chambon, qui nous offre régulièrement des articles sur la toponymie instruisant l’histoire des lieux, vient de réunir quelques premiers témoignages et nous suggère une enquête collective sur ce patrimoine toponymique, que nous encourageons vivement. – D. C.

La Bouteille d’Évian et les Quatre Pylônes :
une enquête sur la toponymie inofficielle ?

À côté des noms de lieux officiels — enregistrés par les cadastres, les documents administratifs, les cartes, les atlas et les plans, ou qui se lisent sur les panneaux routiers et les plaques des rues —, il existe une toponymie inofficielle, non écrite, relevant de l’usage familier et vivant d’une vie semi-clandestine.

Quelques exemples de microtoponymes innofficiels

À Chagey et à Luze, Jean Hennequin a relevé la Boîte de Conserve, la Bouteille d’Évian, le Capot, la Tranchée du Mouchoir et d’autres microtoponymes créés par les chasseurs afin de se repérer dans les bois[1].
À Recologne (commune de Ronchamp), la Charrère, la Planchette, les Quatre Pylônes, Sous les Vernes n’ont d’existence qu’officieuse.
Claude Canard signale que les gens de Chenebier « ont coutume de désigner une voie communale Chemin des forçats, en fait plus précisément des Forçarts après renseignement » ; il ajoute que « ce toponyme [est] exclusivement employé oralement ».

Les noms de commune aussi

Ces usages toponymiques officieux concernent aussi, parfois, les noms des communes. À Ronchamp, on dit Le Magny, et non Magny-Danigon. Alain Guillaume et Paulette Nardin nous ont indiqué que Jobert pour Magny-Jobert était d’usage courant chez des personnes qui auraient aujourd’hui environ cent-vingt ans[2]. À Mélisey, nous avons entendu récemment la prononciation Melisey.

Pourquoi pas une enquête sur ce « petit patrimoine » toponymique ?

Afin de multiplier et de systématiser, commune par commune, de telles observations, il serait intéressant, me semble-t-il, que les adhérents de la SHAARL mettent par écrit et veuillent bien adresser à la SHAARL ce qu’ils savent de cette toponymie cachée, laquelle, étant confinée — risquons le mot — à l’oralité, ne laissera sinon aucune trace. – J.-P. C.

Pratiquement : Envoyer à la SHAARL, sur la messagerie shaarl@wanadoo.fr , un fichier texte (ou par voie postale :  Centre Jeanne Schlotterer – 17 esplanade Charles de Gaulle – 70200 Lure) qui portera en titre : ToponymieCOMMUNE_nom
(ex. :
ToponymieMELISEY_DCurtit).

[1] Voir Jean-Pierre Chambon / Jean Hennequin, « Autour de trois microtoponymes de Chagey (Haute-Saône) : Pierreville, les Ravales, le Coutau de Bouché », article soumis à la Nouvelle Revue d’onomastique.
[2] Voir le Bulletin de la SHAARL 38 (2019), p. 124-126, et à paraître (2021).

Mise à jour (23 mars 2021) du fichier de la bibliothèque, pas moins de 5111 ouvrages et documents divers (en dehors des archives et périodiques) sont répertoriés et mis à la disposition des lecteurs. La SHAARL remercie tous les donateurs qui permettent avec les achats réguliers d’enrichir le fonds de l’histoire régionale. Se reporter à la page bibliothèque.