07 avril 2020

Calamité (II)

Image de l'en-tête : Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille), tableau de Michel Serre (1658-1733), musée Atger, Montpellier.

La fermeture des Archives départementales peut être l’occasion de reprendre ou de découvrir l’ouvrage de Louis Jeandel et d’André Thévenin : En Haute-Saône… avant 1700 – Promenade dans les Archives départementales (Textes et documents de la SALSA, 2015). Une mines d’informations saisies au plus près d’une documentation considérable (examen, par exemple, de plus d’une centaine d’inventaires et de comptes répartis de 1555 à 1700), une contribution remarquable à l’histoire surtout matérielle de la vie de nos ancêtres (la maison, le mobilier, la nourriture, l’éclairage, l’outillage agricole, les armes…), à celle de choses peut-être devenues banales, qui ne l’étaient pas. Dans ce gros ouvrage (A4, 305 p.), le chapitre Santé et médecine évoque l’épidémie de peste survenue au début de la Guerre de Dix Ans, dans l’été 1636 surtout, à Vesoul, Chariez et Gray.

Calamité

image de l'en-tête : Policiers portant un masque pendant l’épidémie de grippe espagnole, en 1918 (auteur inconnu, Seattle, NW des États-Unis – article Wikipedia).

Calamité… le titre de notre exposition reportée, Du grain au pain, oubliait sans doute les blés en tiges, que désignait autrefois le mot chaume, du latin calamus : ainsi le désastre qui touche les récoltes a pu s’appeler une CALAMITÉ (d’après le Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d’Alain Rey).

Dans l’expectative – et le mot désigne tout à la fois une attente et un espoir –, nous découvrons brutalement le temps des fléaux que nous croyions situé derrière nous. Cette période de confinement est propice à toutes sortes de reconnaissances et, puisqu’il faut repousser tout contact avec le papier, fouillons les inépuisables filons numériques, pour découvrir ainsi le dévouement d’un médecin de campagne.

Pierre Alphonse Niobey est issu du Cotentin (de la commune de Hambye, dans département de la Manche) et vient soigner en Haute-Saône, dans le bourg de Gy, durant l’été 1854, les malades du choléra. En 1858, il publie son rapport, un ouvrage de 170 pages (à consulter sur le site Gallica) dans lequel nous pouvons prendre connaissance aussi des statistiques concernant l’épidémie dans l’ensemble du département (dix mille décès), ainsi que de la progression du choléra qui sévit de juin jusqu’à la fin du mois d’août. Il faudra attendre le début des années 1880 pour que Robert Koch identifie le bacille du choléra, juste après celui de la tuberculose. Reconnaissance à tous ces artisans de la connaissance humble, hussards blancs aujourd’hui de la recherche scientifique et des soins dispensés dans les hôpitaux.

Quelques extraits de son ouvrage en sus de la légion d’honneur :

Au moment de l’épidémie, dans un temps de communication lente, les perceptions sont diverses ; voici un article du Journal de la Haute-Saône, daté du 5 juillet 1854 :

Aussitôt après l’épidémie de choléra, des monuments furent édifiés dans les communes épargnées : Notre-Dame des Neiges à Château-Lambert, chapelle Saint-Roch à Sainte-Marie-en-Chanois… (voir l’article d’Alain Jacquot-Boileau sur le choléra à Champagney).

L’anniversaire du Sapeur Camember

29 février 2020 , c’est l’anniversaire du Sapeur Camember. La confrérie (voir son site) et son comité propose un copieux programme pour cette journée particulière, avec une exposition à l’Espace Cotin sur l’histoire de la Confrérie (27, 28, 29 février, de 14 heures à 18 heures), et toutes sortes de créations d’artistes, et des livres anciens, des contes, des films, des reportages photo…  Bref, toute la ville de Lure sera à l’heure du Sapeur, sur le thème d’une COUSINADE qui met à l’honneur, à côté des personnages de Georges Colomb (famille Fenouillard, Pic et Ploc, le savant Cosinus) les figures de la BD des années 1900 à 1950.

Départ du défilé devant la mairie à 15 heures; ; qu’on se le dise…

Un ouvrage sur les 1000 Étangs

On n’a jamais autant parlé des Mille Étangs mais les livres évoquant leur histoire sont rares : quelques articles, des photographies (de Marc Paygnard par exemple) mais aucune synthèse plus large sur un paysage qui attire aujourd’hui de nombreux visiteurs. La SHAARL a souhaité apporter sa contribution aux études en cours sur les Mille Étangs (notamment une mission universitaire commanditée par le département de la Haute-Saône), elle publie la recherche de Daniel Curtit qui habite les Vosges saônoises et écrit régulièrement dans le bulletin de l’association des articles consacrés à l’histoire environnementale des Mille Étangs. Après une histoire des moulins (La lanterne et le hérisson, SHAARL, 1994-1997), voici les étangs, une enquête instruite du temps long des paysages.

Souscription jusqu’au dimanche 8 mars 2020,
16e foire aux livres de Melisey où l’auteur sera présent

Bulletin de souscription pour cet ouvrage de 108 pages, au format 21 x 29,7 cm, et plan de l’ouvrage à télécharger en cliquant sur le titre :

Les domaines de l’eau : paysages ou pays d’étangs dans les Vosges saônoises (XVIIIe siècle à aujourd’hui)