samedi 16 décembre 2017

Fouilles

La fouille du site de Saint-Quentin

La fouille du site de Saint-Quentin, à Lure, en 1981, a été à l’origine de la création de la SHAARL. Deux photos rappellent cet événement…

Il s’agit de la pars rustica de la villa romaine de St. Quentin, dont le site a été réutilisé comme cimetière à l’époque mérovingienne.

Plusieurs campagnes de fouille se sont succédé sur le site :

En 1856, dans le quartier de Saint-Quentin, à Lure, on découvrit une mosaïque gallo-romaine, ainsi que des fragments de poterie, des monnaies et les restes d’un bâtiment de plusieurs pièces, attestant clairement la présence d’une villa gallo-romaine sur le site.
Au même endroit, plusieurs sarcophages mérovingiens furent mis au jour, ainsi que des ossements humains. Au cours de l’été 1978, les travaux d’aménagement du boulevard sud (Boulevard de Franche-Comté) ont eu lieu ; des vestiges de murs, tuileaux, fragments de céramique sont apparus et, au cours de l’hiver 1978-79,  les archéologues bisontins Odouze et Petrequin ont commencé une fouille de sauvetage, découvrant des vestiges de murs, ainsi que des sépultures mérovingiennes et médiévales.

De 1981 à 1984, les fouilles ont été confiées à la SHAARL sous la responsabilité de Michel Py. Elles ont permis de découvrir :

1) la pars rustica (partie agraire) de la villa dont les vestiges marquent une occupation probable au Ier et au IIIe siècle.
2) trois sépultures mérovingiennes  avec mobilier : grains de collier en pâte de verre dans 2 tombes féminines et un ensemble scramasax, couteau et plaque-boucle dans une tombe masculine, datables de la seconde moitié du VIIe siècle.
3) de très nombreuses sépultures plus récentes, inhumations en linceul le plus souvent sans cercueil ni mobilier. Elles couvrent la période moderne jusqu’au XVIIe siècle. Un cimetière s’est donc installé sur le site d’une partie de la villa gallo-romaine.

La présence d’une chapelle médiévale – encore visible en 1760 – est d’ailleurs attestée à cet endroit, mais il n’en a été retrouvé aucune trace sur les lieux mêmes de la fouille.
Le mobilier archéologique retrouvé en 1978-1980 a été déposé au SRA de Besançon. Celui sauvé en 1981-1984 est visible au dépôt archéologique de Lure (contacter la SHAARL).

Mine de cuivre et molybdène de Château-Lambert – Relevés et analyse du réseau souterrain Bruno ANCEL – 2004

Cette opération de relevés topographiques et archéologiques s’inscrit à la fois dans un cadre de recherche scientifique, de protection du patrimoine minier et de mise en valeur. Le relevé du réseau souterrain en plan et en coupe doit favoriser l’étude pluridisciplinaire de la mine, édifice inscrit sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. L’ensemble du secteur minier fait actuellement l’objet d’un projet de mise en valeur touristique, sous l’égide du Musée de la Montagne Albert DEMARD, aussi ces relevés vont participer à la réalisation de l’exposition. Pour ces diverses raisons cette opération, initiée et pilotée par la Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Lure (S.H.A.A.R.L.), a obtenu le soutien du Ministère de la Culture (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Franche-Comté) du Conseil Général de la Haute-Saône et du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges.

Une première campagne de relevés, essentiellement en surface, a eu lieu en 1992-1993, mais l’essentiel des relevés de terrain a été réalisé durant l’été et l’automne 2002, puis l’hiver 2002-2003 sous la responsabilité scientifique de Bruno ANCEL, archéologue minier. Au total , 14 personnes ont participé à cette opération. La miise au propre des relevés et la rédaction du rapport a été réalisée par Bruno ANCEL, Enîc KAMMENTHALER (mobilier) et Christophe MARCONNET (surface).

Le cheminement topographique a été réalisé sur l’ensemble du réseau souterrain, dont le développement atteint en définitive 8240 m, et sur l’ensemble des vestiges de surface (côté Franche-Comté). Sur la base de cette ossature graphique, a été dessinée la vue en plan des travaux, la vue en coupe verticale projetée selon la direction générale du filon, et la construction en 3D de ces cheminements. Ce plan et cette coupe ont été mis au propre, puis numérisés, et ont servi de support à divers documents graphiques de nature analytique : cartographie de la géologie du gisement, cartographie des techniques de percement et des sens de creusement, cartographie du mobilier abandonné. Ainsi tous le mobilier, en place ou épars, a fait l’objet d’un inventaire, certains faisant l’objet de mesures, en particulier les nombreux tuyaux en bois.

Une approche bibliographique a permis de caractériser le contexte géologique et de préciser le contexte historique, en confrontation avec les données de terrain. Ainsi, les ouvrages accessibles ont été creusés au cours de trois périodes distinctes, la première pouvant même se diviser en deux phases du fait de l’introduction de la technique d’abattage à la poudre. Nous pouvons donc observer quatre types de travaux bien distincts :

1590 – 1620 : travaux à la pointerolle, ou par la taille au feu en roche dure ; production de remblais fins , attaques à partir des affleurements puis par quelques galeries en travers-bancs.
1617 – 1670 : travaux à la poudre ; trou de fleuret de gros diamètre et à quatre pans ; production de remblais à blocs -, création de murets frustres ; travaux s’enfonçant sous le niveaux d’exhaure, pompés en permanence, noyés après l’abandon de la mine.
1734 – 1758 : travaux à la poudre ; trou de fleuret de petit diamètre et à un seul pan ; production de remblais à blocs construction de murs bien appareillés ; travaux remontants depuis la galerie d’exhaure St Jean réaménagement des travaux anciens.
1930 – 1944 : travaux à la poudre ; trou de fleuret de gros diamètre à couronne ; travaux remontants avec trémie ; voies ferrée ; deux descenderies équipées d’un plan incliné.